Technique de chirurgie réfractive au laser : la PKR
La PKR (Photo Kératectomie Réfractive) est une technique de chirurgie réfractive au laser qui corrige les défauts visuels par remodelage de la cornée. Grâce à un laser Excimer, la courbure cornéenne est modifiée par photoablation pour traiter principalement la myopie et l’astigmatisme. La chirurgie PKR constitue une alternative de référence au Lasik, en particulier lorsque celui-ci est contre-indiqué. Même si la récupération visuelle après PKR est un peu plus longue qu’après d’autres traitements laser, les résultats obtenus sont excellents.
CHIRURGIE RÉFRACTIVE
Que soigne-t-on avec une PKR ?
OPÉRATION DE L'ASTIGMATISME
La chirurgie de l’astigmatisme regroupe deux grandes familles de techniques : lasers & implants.
OPÉRATION DE L'HYPERMÉTROPIE
La chirurgie de l'hypermétropie : chirurgie réfractive au laser (Lasik, PKR, Trans PKR) ou pose d'implants intraoculaires.
OPÉRATION DE LA MYOPIE
Plusieurs techniques sont possibles, selon le degré de myopie, l’état de la cornée et l’âge du patient.
OPÉRATION DE LA PRESBYTIE
La chirurgie de la presbytie permet de réduire, voire de supprimer, la dépendance aux lunettes de lecture.
Dans quels cas avoir recours à la chirurgie PKR ?
La PKR est indiquée lorsque le Lasik est contre-indiqué, notamment chez les patients ayant une cornée fine ou exerçant une activité à risque élevé de choc oculaire. Elle s’adresse donc en priorité aux profils suivants :
- patients dont la cornée mesure moins de 500 micromètres d’épaisseur, insuffisante pour la découpe d’un volet cornéen en Lasik ;
- patients exerçant une activité professionnelle ou sportive exposant à des chocs (sports de combat, forces de l’ordre, militaires).
Sans que ces valeurs ne soient absolues, il est généralement admis que la PKR traite efficacement :
- les myopies inférieures à 8 dioptries ;
- les astigmatismes jusqu’à 5 dioptries ;
- plus rarement, l’hypermétropie et la presbytie.
Le tableau ci-dessous résume les principales différences entre la PKR et le Lasik, les deux techniques de chirurgie réfractive laser les plus pratiquées :
|
Critère |
PKR |
Lasik |
|
Zone de photoablation |
Surface du stroma |
Couches stromales profondes |
|
Découpe d’un volet cornéen |
Non |
Oui |
|
Cornée fine (< 500 µm) |
Compatible |
Contre-indiquée |
|
Confort post-opératoire |
Inconfort modéré (2 à 3 jours) |
Récupération rapide |
|
Stabilisation visuelle |
Environ 4 semaines |
Dès le lendemain |
|
Sécheresse oculaire post-op |
Moins fréquente |
Plus fréquente |
Un bilan préopératoire complet est indispensable pour confirmer l’éligibilité du patient à la chirurgie PKR. N’hésitez pas à prendre rendez-vous pour une consultation afin d’évaluer votre situation.
Comment se déroule l’intervention PKR ?
Bilan préopératoire
Avant l’intervention, une consultation approfondie et des examens ophtalmologiques rigoureux permettent de confirmer l’absence de contre-indications. L’ophtalmologiste évalue le type et le degré de correction nécessaire en fonction de la nature du trouble visuel. La morphologie de la cornée, son épaisseur et sa régularité sont étudiées afin de détecter d’éventuelles anomalies, comme un kératocône, qui imposeraient d’exclure le patient du protocole.
Un entretien détaillé porte également sur le mode de vie du patient, sa profession, ses loisirs et ses antécédents médicaux.
Déroulement de l’opération
L’intervention PKR se déroule en ambulatoire, sous anesthésie locale par collyre, et dure moins de 30 minutes pour les deux yeux. Les deux yeux peuvent être traités le même jour.
L’opération se déroule en plusieurs temps :
- Retrait de l’épithélium : le praticien retire la couche superficielle de la cornée, située au-dessus du stroma. En PKR classique, ce retrait s’effectue par pelage manuel après une brève application d’alcool. Avec la Trans-PKR (PKR transépithéliale), le laser retire lui-même l’épithélium sans contact instrumental : c’est une technique 100 % laser, dite « no-touch », qui rassure de nombreux patients.
- Photoablation au laser Excimer : le laser remodèle directement la surface du stroma pour corriger le défaut visuel. Par exemple, la courbure de la cornée des myopes est réduite pour diminuer son pouvoir réfractif. C’est la différence essentielle avec le Lasik, au cours duquel le laser agit sur des couches stromales plus profondes.
- Pose d’une lentille pansement : en fin d’intervention, une lentille thérapeutique est mise en place. Elle protège la cornée, limite la gêne post-opératoire et facilite la régénération épithéliale.
Suites opératoires et récupération visuelle après PKR
Douleur et confort post-opératoire
L’intervention en elle-même est indolore grâce aux gouttes anesthésiantes. L’inconfort survient dans les premières heures qui suivent l’opération, avec une sensation de légère brûlure. Bien que plus intenses qu’après Lasik ou SMILE, les douleurs post-opératoires de la PKR restent modérées et sont bien contrôlées par le traitement antalgique prescrit. Elles perdurent 2 à 3 jours en moyenne.
Le traitement post-opératoire repose sur :
- le maintien de la lentille pansement pendant 3 à 5 jours ;
- le port d’une coque protectrice la nuit pendant la première semaine ;
- l’application de collyres antibiotiques et anti-inflammatoires ;
- l’utilisation de larmes artificielles si nécessaire pour accroître le confort.
Chronologie de la récupération visuelle
La récupération visuelle complète après PKR survient en général en 4 semaines. Elle est plus lente qu’après Lasik en raison du temps nécessaire à la régénération de l’épithélium cornéen retiré en début d’intervention.
- De 24 h à 72 h : phase la plus inconfortable. Sensation de grain de sable, photophobie possible, traitement antalgique nécessaire.
- De 3 à 5 jours : retrait de la lentille pansement par le praticien, fermeture de l’épithélium.
- De 1 à 2 semaines : la vision reste floue mais s’améliore progressivement. Consultation de contrôle à 7 jours.
- À 4 semaines : stabilisation de la vision. Un contrôle est prévu environ 2 mois après l’intervention.
Aucune hospitalisation n’est nécessaire. Le patient doit néanmoins prévoir quelques jours de repos car, comme toute chirurgie réfractive, l’intervention ne donne droit à aucun arrêt de travail. Les activités sportives sont à proscrire au moins la première semaine, davantage pour les sports à risque de choc oculaire.
Le résultat obtenu est le plus souvent remarquable : les sujets traités bénéficient d’une acuité visuelle comparable à celle qu’ils avaient auparavant avec leurs verres correcteurs.
Risques et effets secondaires de la chirurgie PKR
Le taux de complications graves liées à la PKR est inférieur à 1 %. Comme pour toute chirurgie, le risque zéro n’existe pas, mais les données disponibles confirment l’excellente sécurité de cette technique.
Les complications parfois rencontrées comprennent :
- des kératites (inflammation cornéenne) ;
- une sécheresse oculaire temporaire, moins fréquente qu’après Lasik ;
- une photophobie passagère ;
- le haze, complication propre à la PKR : il s’agit d’une inflammation post-opératoire tardive de la surface cornéenne pouvant altérer temporairement la vision. Son traitement repose sur l’instillation de collyres corticoïdes.
Pour limiter ces risques, il est essentiel de respecter scrupuleusement les consignes post-opératoires et le suivi prévu par le praticien. Prenez rendez-vous pour un bilan complet afin de déterminer si la PKR est la technique la mieux adaptée à votre situation.
Questions fréquentes sur la chirurgie PKR
Quelle est la différence entre PKR et Lasik ?
La différence principale entre PKR et Lasik réside dans la manière d’accéder au stroma cornéen. En PKR, le chirurgien retire l’épithélium en surface pour appliquer le laser Excimer directement sur le stroma. En Lasik, un volet cornéen est découpé au laser Femtoseconde pour accéder aux couches stromales plus profondes. La PKR est donc préférable pour les patients ayant une cornée fine ou pratiquant des activités à risque de choc, puisqu’elle ne crée pas de capot cornéen susceptible de se déplacer.
Combien de temps dure la douleur après une PKR ?
La douleur après une PKR dure en moyenne 2 à 3 jours. Elle se manifeste principalement par une sensation de brûlure ou de grain de sable dans les premières heures suivant l’intervention. Le pic d’inconfort survient entre 24 h et 72 h. Le traitement antalgique prescrit permet de bien contrôler ces douleurs, qui restent tout à fait supportables.
Quand reprendre le sport après une PKR ?
Les activités sportives douces peuvent être reprises après la première semaine. Pour les sports exposant à un risque de choc oculaire (sports de combat, sports de ballon, natation en piscine), un délai d’au moins un mois est généralement recommandé. C’est le praticien qui rythme le retour à une activité normale, en fonction de l’évolution post-opératoire et du profil du patient.
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